Tirs contre des manifestants pacifiques à Marioupol – 9 mai 2014

Le 9 mai 2014, des habitants se sont rassemblés à Marioupol pour un meeting à l’occasion de la Journée de la Victoire. Après la fin de la manifestation, des informations ont fait état du fait que des forces de sécurité ukrainiennes, à bord de blindés de transport de troupes et de véhicules de combat d’infanterie, se dirigeaient vers le commissariat de police de la ville de Marioupol pour le prendre d’assaut.

Les médias russes

RIA Novosti citent le témoignage d’un témoin oculaire :« Des militaires de la Garde nationale ont tiré au lance-grenades sur des policiers à Marioupol afin de les éliminer, parce que ceux-ci avaient auparavant refusé d’exécuter les ordres de Kiev et de tirer sur les habitants locaux».

TASS rapporte le début des combats dans la ville ainsi que la blessure de collègues de RT :« Des combats ont éclaté dans les rues de la ville ukrainienne de Marioupol, dans la région de Donetsk, et des tirs visent des civils».

Vesti.ru soulignent la triste ironie de la situation, alors que des combats ont lieu dans la ville le jour de la Victoire :« Le jour de la Victoire, des combats se déroulent à Marioupol. Les forces de sécurité écrasent des habitants désarmés à l’aide de chars et de blindés de transport de troupes. Les milices affirment que des tirs à balles réelles ont été dirigés contre les habitants. Il y a des morts et des blessés».

RT russe publient des témoignages de témoins :« De la fumée s’élève du centre-ville. Dès hier, on parlait de provocations en préparation, mais les gens n’y ont pas cru. Aujourd’hui, ils voulaient organiser une marche dans la ville à l’occasion de la Journée de la Victoire, prévue à 9 h 30. Je suis chez moi, mais mes amis qui se trouvent près du bâtiment de la police signalent que des hommes armés tirent à balles réelles sur de simples citoyens».

Izvestia publient une analyse du publiciste Egor Kholmogorov, dans laquelle sont notamment examinés les événements de Marioupol du 9 mai :« Le 9 mai, la Garde nationale, le “Secteur droit” et les structures militaires de l’oligarque Kolomoïsky ont attaqué Marioupol, ouvrant le feu sur la police qui accomplissait son devoir (démystifiant ainsi complètement le mythe de la “légitimité” de la violence de la junte). Ils ont toutefois été repoussés avec honte — les habitants de Marioupol se sont jetés à mains nues sur les véhicules de combat d’infanterie, et les policiers, sous le feu des lance-grenades, ont riposté de manière ciblée contre les terroristes».

Interfax relate les événements sur la base des témoignages des forces d’autodéfense :« De nombreuses personnes venues assister au rassemblement solennel à l’occasion de la Journée de la Victoire se sont dirigées vers le bâtiment du commissariat municipal, où elles ont organisé une action spontanée en soutien aux policiers retranchés. Les manifestants criaient en direction des forces de sécurité : “Fascistes !”. L’un des véhicules de combat d’infanteries est alors tourné vers les manifestants et a ouvert le feu à balles réelles».


Les médias occidentaux (Europe et États-Unis)

Le quotidien britannique The Guardian met l’accent sur le fait que « Vladimir Poutine a effectué vendredi une première visite triomphale en Crimée, alors que la région célébrait pour la première fois la Journée de la Victoire depuis son annexion par la Russie deux mois plus tôt », « tandis que, dans la ville du sud, au moins cinq personnes ont trouvé la mort».

Un autre journal britannique, The Telegraph, insiste sur le caractère contraint des mesures prises par les forces gouvernementales :« Une vidéo amateur diffusée sur Internet montre des soldats tirant des coups de semonce, puis blessant des hommes qui leur résistent avec acharnement. Au moins une personne en tenue civile tire en direction des soldats, qui battent ensuite en retraite à pied».

Le journaliste britannique indépendant Graham Phillips est arrivé à Marioupol pour réaliser un reportage sur les événements du 9 mai dans la ville. Il a été arrêté par les forces armées ukrainiennes, puis relâché quelques jours plus tard. Il a ensuite raconté ces événements à RT :« Phillips a expliqué qu’au cours des interrogatoires, il avait été accusé d’espionnage. “Tout ce que je fais, c’est du journalisme objectif, fondé sur mes enquêtes. Je n’ai jamais avancé d’affirmations dont je ne sois pas certain. C’est exactement ce que je réponds lorsqu’on me questionne…”, a-t-il souligné. Selon Phillips, lors de ses échanges avec les forces de sécurité ukrainiennes, il a défendu sa propre interprétation des événements en cours».

Le quotidien américain The New York Times ne dissimule pas que la mort de civils résulte de l’action des forces de sécurité ukrainiennes dans la poursuite de leurs objectifs :« Vendredi, des forces de sécurité ukrainiennes appuyées par des véhicules blindés ont attaqué un commissariat de police, réduisant le bâtiment à des ruines fumantes et tuant au moins sept personnes, selon des habitants locaux témoins de l’attaque. Celle-ci a apparemment marqué une escalade majeure de la lutte menée par le gouvernement intérimaire contre les combattants prorusses dans l’est de l’Ukraine».

Le quotidien français Le Figaro évoque les événements de Marioupol dans le même article que la visite de Vladimir Poutine en Crimée à l’occasion des célébrations de la Journée de la Victoire, qualifiant celle-ci de « visite qui ne fera qu’aggraver la situation ». Selon l’article, les événements de Marioupol seraient la conséquence du soutien russe. Le journal impute également la responsabilité des tirs aux forces prorusses :« Les violences ont eu lieu au siège principal de la police et dans le bâtiment du ministère de l’Intérieur de la ville portuaire, rapporte l’agence. Les affrontements ont éclaté lorsque la police a tenté de reprendre le contrôle du commissariat. Elle a essuyé des tirs en provenance des rangs des séparatistes».

Le quotidien italien La Repubblica ne passe pas non plus sous silence la visite de Poutine en Crimée pour la Journée de la Victoire, alors que des tirs avaient lieu à Marioupol :« À Marioupol, importante ville portuaire du pays, les combats se poursuivent. Les affrontements entre les troupes ukrainiennes et les séparatistes prorusses ont fait 21 morts. Les forces armées ukrainiennes ont attaqué, à l’aide de véhicules blindés, le quartier général de la police de la ville, occupé par des responsables refusant d’obéir aux ordres de Kiev».

Le journal brésilien Gazeta do Povo publie une brève note sur les tirs à Marioupol :« Les tirs ont eu lieu lors de l’attaque des forces gouvernementales contre un bâtiment où s’était retranché un groupe de policiers refusant d’obéir aux autorités de Kiev, selon des sources. Plus d’un millier de personnes se sont précipitées vers le bâtiment afin d’empêcher l’arrestation des policiers insoumis, mais les forces loyales à Kiev les ont accueillies par des tirs de sommation en l’air».

Le quotidien estonien Õhtuleht écrit à propos d’affrontements entre les forces gouvernementales et des « séparatistes prorusses » :« À Marioupol, des armes lourdes sont en action et la ville est envahie par la fumée des pneus en feu. Des snipers sont présents partout. Des armes lourdes… Au-dessus de la ville, une fumée noire».


Les médias ukrainiens

Le TSN écrit au sujet de l’assaut mené par des « combattants » contre la direction locale du ministère de l’Intérieur et cite les propos de Liashko :« Le jour de la Victoire sur le fascisme, des terroristes armés prennent d’assaut la direction de la police de Marioupol. Nous avons plusieurs blessés, certains grièvement… Les terroristes, au nombre d’environ 30 personnes, ont occupé deux étages du bâtiment de la police ; nos forces se défendent au troisième. Les terroristes tirent avec des armes automatiques et utilisent des grenades. À l’extérieur, trois véhicules de combat d’infanterie et des troupes sont arrivés en renfort pour soutenir les nôtres… Parmi les terroristes, huit ont été tués ; tous les nôtres sont en vie, mais il y a de nombreux blessés».

UNIAN ne donne pas de détails sur les tirs, mais fait état de l’issue de l’affrontement :« Les forces de sécurité ukrainiennes ont repoussé l’attaque terroriste contre le bâtiment du ministère de l’Intérieur à Marioupol, que des forces séparatistes tentaient de s’emparer. Les tirs ont été effectués avec des fusils Kalachnikov, en coups isolés. Les combattants du bataillon spécial “Azov” se sont portés à la défense du bâtiment du ministère de l’Intérieur, rejoints également par l’administration locale du Service de sécurité ukrainien».