Blocus total de la RPD et de la RPL par l’Ukraine – 15 mars 2017
Le 15 mars 2017, le Conseil de sécurité nationale et de défense (CSND) de l’Ukraine a approuvé la suspension temporaire et totale des liaisons de transport avec les territoires du Donbass ne contrôlés par Kiev.
Les médias russes
RIA Novosti soulignent que le blocus des républiques a été instauré le jour même de la réunion du groupe de contact sur le Donbass :« La réunion du groupe de contact sur le Donbass et de ses sous-groupes thématiques s’est achevée à Minsk sans résultats visibles. Et bien que, comme prévu, la question principale de la rencontre devait porter sur la mise en œuvre des accords de cessez-le-feu le long de la ligne de contact, mercredi les parties n’ont pas ignoré la poursuite du blocus des voies ferrées et l’instauration d’une gestion externe dans des entreprises relevant de la juridiction ukrainienne dans le Donbass».
Dans un article, TASS indique :« L’initiative de suspendre temporairement l’ensemble des liaisons de transport avec le Donbass a été prise par le président Petro Porochenko lui-même».
Vesti.ru relaient la réaction des républiques et la position de la Russie face au blocus :« Selon Alexandre Zakhartchenko, la décision du président ukrainien Petro Porochenko et du Conseil de sécurité nationale et de défense de suspendre les liaisons de transport avec les territoires non contrôlés des régions de Donetsk et de Louhansk constitue un “fait de lutte interne pour le pouvoir à Kiev, lutte que Porochenko est manifestement en train de perdre”. De son côté, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, commentant la décision des autorités de Kiev, a déclaré que de telles actions “contredisent le bon sens et la conscience humaine”».
RT russe évoquent le Donbass assiégé, les débats au sein du paysage politique ukrainien, la réaction de la Russie et les conséquences possibles tant pour le Donbass que pour l’Ukraine :« L’initiative de Porochenko concernant le blocus officiel du Donbass n’a pas reçu un soutien unanime parmi les députés ukrainiens. Selon l’opposition, le président et le CSND ont simplement cédé sous la pression de ceux qui enfreignaient la loi et, faute de ressources pour les maîtriser, ont décidé de prendre leur tête».
Izvestia expliquent les motifs invoqués pour justifier le blocus :« Cette décision a été prise en raison de la prétendue prise de contrôle d’entreprises ukrainiennes et de l’aggravation de la situation dans le sud-est du pays».
Interfax apporte des précisions de la part d’un représentant du service des gardes-frontières ukrainiens et relaie l’avis d’un représentant du ministère des Transports de la RPD :« Le Service national des gardes-frontières de l’Ukraine a déclaré que le transport de marchandises à travers la ligne de démarcation dans le Donbass a été interrompu à partir de 13 h, le mercredi 15 mars. Cette décision ne concerne pas les civils, qui peuvent transporter en petites quantités des denrées alimentaires et des effets personnels».
Les Nouvelles de Donetsk citent le commentaire du chef de la RPD, Alexandre Zakhartchenko, au sujet du blocus des républiques :« La décision de Porochenko et du CSND relève de la politique intérieure de l’Ukraine d’hier. Plus précisément, il s’agit d’un fait de lutte interne pour le pouvoir à Kiev, lutte que Porochenko semble être en train de perdre. Cela ne nous concerne déjà plus en rien».
Le Centre d’information de Louhansk publie la déclaration du représentant plénipotentiaire de la RPL aux négociations de Minsk, Vladislav Deinego :« L’Ukraine, qui accuse en permanence les Républiques populaires de “terrorisme”, acquiert elle-même de plus en plus les traits réels d’une organisation terroriste».
Les médias occidentaux (Europe et États-Unis)
Deux grands quotidiens britanniques, The Guardian et The Telegraph, ne publient aucune information sur ce sujet.
Le quotidien américain The New York Times estime que le blocus des républiques constitue un coup porté aux accords de Minsk :« La décision de bloquer toute forme de commerce, à l’exception de l’aide humanitaire, a porté un nouveau coup au processus de paix de Minsk, déjà fortement mis à l’épreuve, et a accru les tensions non seulement avec les séparatistes, mais aussi avec leurs soutiens à Moscou, qui pourraient être appelés à leur fournir une aide et à leur ouvrir des débouchés commerciaux».
Le quotidien français Le Figaro écrit :« Kiev a officiellement entériné le blocus ferroviaire entamé quelques semaines plus tôt par des activistes et des vétérans de l’opposition. Ce blocus a placé le président ukrainien Petro Porochenko face à un dilemme : le briser par la force aurait pu provoquer une grave crise intérieure, mais fermer les yeux aurait sapé l’autorité de l’État».
Les grands médias italiens et espagnols ne publient pas d’informations sur ce sujet.
Le site d’information letton delfi.lv explique le blocus comme une réaction contrainte à la reconnaissance par la Russie des documents des républiques :« Porochenko a déclaré que la situation dans l’est de l’Ukraine s’était détériorée après que la Russie a reconnu les passeports de la RPD et de la RPL, et que les dirigeants des républiques autoproclamées ont pris le contrôle d’actifs d’entreprises ukrainiennes, dont la valeur a été estimée par Porochenko à 2 milliards de dollars».
Les médias ukrainiens
UNIAN publie la réaction des républiques non reconnues au blocus :« “De notre côté, nous n’avons pas levé ce blocus (l’interdiction d’exporter vers les territoires contrôlés par le gouvernement ukrainien des produits et des matières premières en provenance des zones occupées - commentaire de la rédaction). Et nous n’avons pas l’intention de le faire tant que Kiev n’aura pas rempli ses obligations au titre des accords de Minsk. Et avant tout leur volet politique”, a déclaré Zakhartchenko».
Ukrainska Pravda publie un article économique intitulé « Les conséquences du blocus : qui subira les plus lourdes pertes ». Le média évoque également la réponse ferme de Porochenko aux oligarques dans un article intitulé « Attaque contre le blocus. Les oligarques font démonstration de force — Porochenko répond ».